Un bayou plein de mordant
- Éditeur Xbox Game Studios
- Développeur Compulsion Games
- Sortie initiale 8 avr. 2025
- Genres Action, Aventure
Compulsion Games, les petits génies derrière We Happy Few, reviennent avec South of Midnight, une aventure à la croisée des mondes entre folklore du Sud des États-Unis et exploration de traumatismes passés. Un jeu qui mélange action, plateforme et réflexion, porté par une direction artistique renversante et une écriture subtile. Entre des bayous hantés, des créatures mythiques tatouées et une héroïne qui manie aussi bien la répartie que la magie, vous risquez d'être embarqué dans un périple aussi fascinant que mélancolique. Prêts pour le tissage ?

L'histoire


Heureusement, Hazel ne sera pas seule. Elle peut compter sur son compagnon Crouton, une poupée de chiffon un peu vaudou aussi adorable que dévouée, pour l'aider à naviguer dans ce monde corrompu. Ensemble, ils devront rétablir l'équilibre, affrontant des créatures mythiques magnifiques aux tatouages lumineux, et s'enfonçant dans des recoins où l'histoire et la magie se mélangent.
Le principe

Ici, les maisons ont l'air de raconter des histoires (ou de vouloir vous manger).
Mais South of Midnight ne se limite pas aux combats. L'exploration est au cœur de l'expérience, et certaines séquences sont mémorables, comme celles où Hazel virevolte sur les murs dans des phases de plateforme dignes de Prince of Persia, ou encore celles où elle fait plonger Crouton dans des terriers remplis de lapins et renards qui prennent leur thé, évoquant Alice au Pays des Merveilles. La progression, bien que relativement linéaire, cache aussi son lot d'embranchements et de secrets, et le joueur curieux sera récompensé en fouillant les cabanes et maisons abandonnées, où les développeurs ont distillé des notes d'humour inattendues.


Enfin, certaines séquences, comme les courses-poursuites face aux ombres menaçantes, viennent dynamiser le rythme du jeu, tout comme la présence de souvenirs à révéler sous forme d'hologrammes, qui permettent de mieux comprendre les traumatismes des habitants et le passé de la région.
L'emballage

L'ambiance "bayou" est génialement reproduite.


L'ambiance sonore n'est pas en reste. Signée par le talentueux Olivier Deriviere, la bande-son de South of Midnight vous plonge dans un univers baigné de musique cajun et folk, avec des balades poignantes à la guitare sèche et des morceaux de gospel mélancolique qui rappellent les grandes heures du cinéma. Mention spéciale aux combats qui, dans les derniers niveaux, sont rythmés par un jazz endiablé qui donne une saveur unique aux affrontements.
Seule ombre au tableau : l'absence d'un mode photo. Quand on voit la richesse des décors et l'originalité des environnements, ne pas pouvoir immortaliser ces moments est une frustration non négligeable.
Pour qui ?

En plus d'être magnifique, le poisson chat Barbotte est un allié de taille.


Côté accessibilité, la difficulté est bien dosée et des options permettent d'adapter l'expérience à chacun. En revanche, les amateurs d'action pure pourraient être frustrés par le fait que les combats ne se déroulent que dans des zones spécifiques, ce qui réduit la tension et la spontanéité des affrontements.
L'anecdote

Ne pensez pas vous baigner : l'eau et ses occupants ne sont pas vos amis.
- Une direction artistique somptueuse et unique
- Une écriture de qualité et une héroïne attachante
- Des boss impressionnants et des affrontements marquants
- Une ambiance musicale absolument magistrale
- Le level design malin, notamment la tour de l'horloge et les courses-poursuites
- Des moments touchants et poétiques
- La métaphore du tissage qui repart le monde
- Un ciblage parfois frustrant en combat
- Des freezes agaçants (un patch est prévu)
- Les combats limités à des arènes prédéfinies, réduisant l'effet de surprise
- L'absence d'un mode photo, un vrai manque
Compulsion Games livre ici une œuvre singulière, envoûtante et marquante. South of Midnight n'est pas un simple jeu d'action-aventure : c'est un voyage dans un Sud américain empreint de mystère et de douleur, où le fantastique vient donner un nouvel éclairage à une histoire rude. Avec une héroïne aussi charismatique que Hazel, des séquences mémorables et une ambiance sonore magistrale, il s'impose comme une belle réussite. Quelques imperfections subsistent, notamment un ciblage parfois capricieux et quelques freezes gênants qui devraient être à coup sûr très bientôt corrigés par un patch. Mais malgré ces petits défauts, difficile de ne pas être emporté par cette épopée poétique, happante et intense que vous allez parcourir d'une traite.